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Retour sur un Erasmus enseignant à Bucarest…

Lundi, 29 Mai, 2017

L'origine du projet d'échange

Le départ de ce séjour à Bucarest, c'est un goût d'inachevé.

En 1996, j'ai eu l'opportunité de co-organiser un séminaire tri-national France/Allemagne/Roumanie (ce n'était pas une rencontre footballistique...) avec l'Office franco-allemand de la Jeunesse.

La thématique de la rencontre portait sur le traitement social du chômage en Europe et concernait des travailleurs sociaux en formation.

Cette expérience nous a permis d'organiser une semaine à Cologne, une semaine à Toulouse mais la semaine à Bucarest n'a pu se concrétiser.

Ensuite, en 2012, au Lycée Sainte-Marie-de-Nevers, nous avons accueilli pendant plusieurs mois, une jeune femme roumaine dans le dispositif Eurodyssée promu par la région.

L'existence d'un partenariat avec l'université publique d'économie de Bucarest a été l'occasion de me rendre dans une capitale qui souffre d'un déficit de communication dans les médias par rapport à d'autres capitales de pays de l'Est comme Budapest, Prague...

Découverte de la ville

Bucarest est une ville de contrastes assez saisissants et recèle un patrimoine historique conséquent : amateurs de petites églises orthodoxes, de petits monastères, vous serez aux anges !

Mais munissez-vous d'une bonne carte et de patience car il n'existe pas d'office de tourisme, la signalisation de ces petites perles est quasi inexistante.

Pour donner envie, j'évoquerai juste l'intense émotion ressentie à mon arrivée quand je suis allée humer la ville, la nuit. Dans le quartier Lipscani très central et animé, il est impossible de ne pas tomber nez à nez avec le monastère Stavropoleos (1720) qui est un pur chef d’œuvre du style Brancovan avec ses arcs byzantins et ses somptueuses arabesques.

Le monastère de Stavropoleos

Si on ne fait qu'une chose à Bucarest, il faut visiter le Parlement. Cette construction défie l'entendement. Ce type de construction et ne peut être que l'œuvre que d'un dictateur ou d'un monarque absolu. Elle a coûté environ 20 % du PIB pendant quatre ans et la vie à de nombreux roumains. C'est le deuxième plus grand bâtiment au monde derrière le Pentagone et pour la petite histoire, Donald Trump a cherché à l'acheter pour le transformer en casino.

Bucarest est encore associée à un certain nombre d'images fortes : qui ne pense pas par exemple à l'existence de centaines d'enfants mendiants dans la ville ?

Mais « Les capitales sont toutes les mêmes devenues » comme le dit A. Bashung (dans la chanson : Comme un lego) et Bucarest ne déroge pas à la règle des hyper centres aseptisés.

Le centre est le territoire des trottoirs qui brillent et des talons qui claquent pour se précipiter vers les affaires et les ministères.

 

À la périphérie, les vieux et surtout les vieilles mendiantes se cachent dans les lieux en jachère, les interstices, dans les petits quartiers, ou mendient devant le fronton des petites églises.

Ici comme ailleurs, l’indésirable est expulsé à la périphérie. La ville a toujours ses territoires déniés, refusés, sacrifiés. Pourtant, même maintenus sous le boisseau, ces lieux n’en finissent pas d’afficher l’insolence de leur existence et d’égratigner sporadiquement la bonne conscience.

Le contenu de l'échange Erasmus

L'Institut Limayrac bénéficie donc d'un conventionnement avec L'Université d’Économie. Dans ce cadre, j'ai pu rencontrer des étudiants en L3 qui maîtrisent très bien le français et proposer un cours sur l'entreprenariat social en France (autre nom de l'économie sociale et solidaire). Nous avons pu échanger sur les réalités des deux pays en la matière. Ensuite, à partir du film Demain de Mélanie Laurent et Cyril Dion, nous avons également évoqué la question du développement durable. En Roumanie, la prise de conscience de son importance est très récente (environ cinq ans) et de ce fait il n'existe pas encore un cadre législatif qui permette réellement la structuration de ce champ.

J'ai eu un très bon contact avec les deux enseignantes avec lesquelles s'est construit le projet ce qui m'a permis de me renseigner sur la réalité socio-économique du pays. Le Recteur (qui a fait ses études à Toulouse 1) a été également très accueillant et a indiqué qu'il était très favorable à des échanges avec des BTS (ESF, Tourisme...) ainsi qu'à des projets à définir avec des enseignants.

Perspectives

L'université met déjà en œuvre des partenariats avec d'autres pays (L'Allemagne par exemple) dans lequel L'Institut Limayrac pourrait s'inscrire.

Dans le cadre du programme Erasmus (l'axe 2 : partenariat stratégique), il pourrait être envisagé un séjour d'étude de huit jours sur des objectifs à co-construire autour de l'entreprenariat social, le tourisme solidaire...

Les possibilités sont ouvertes et je me tiens à votre disposition pour échanger de façon plus approfondie sur ce séjour Erasmus et ce qui pourrait s'initier à sa suite.

Personnellement, j'ai souhaité donner une suite à cet échange et notamment aller à la rencontre de « l'autre » Roumanie, celle du rural. Il paraît qu'il existe vraiment deux visages très différents de la Roumanie.

Christine LARROQUE