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Rencontre de lycéens, étudiants, public d'un Centre Social dans le cadre d'un projet Théâtre

Mardi, 18 Avril, 2017

Mardi 13 décembre 2016, une pièce de théâtre «  ZOOM », écrite par Gilles GRANOUILLET et mise en scène par Alain DAFFOS, a été jouée dans l’amphithéâtre du Lycée Sainte Marie de Nevers à Toulouse. Des élèves du Lycée, soit une classe de 1ère ST2S, des étudiants en 2ème année BTS ESF, 5 étudiants en  DE CESF, des formateurs ESF de l’Institut LIMAYRAC, une Conseillère en Économie Sociale Familiale, des bénévoles du FLE et du CLAS et des usagers du Centre Social de Jean Rieux étaient réunis parmi les spectateurs. Cette représentation a été co financée par le Lycée Sainte Marie de Nevers et l’Institut Limayrac.

Ce projet partenarial a  été impulsé par Christine LARROQUE et coordonné ensuite par 3  formateurs de la filière ESF (Jill GEOFFROY, Josiane JOUBERT et Karine COUDOR en partenariat avec Encarnation BONHOURE, professeur STMS au Lycée Ste Marie de Nevers et Sylvia PECHINE, Conseillère en ESF du centre social Jean Rieux. Il s’agissait de réunir autour d’un projet culturel différents publics, de créer un espace de rencontres et de collaboration permettant d’exprimer et confronter ensuite leurs approches des sujets abordés par la pièce. En somme, de permettre à des travailleurs sociaux, futurs travailleurs sociaux, des formateurs et enseignants du secteur social et bénéficiaires de collaborer dans la co-construction et le partage d’un projet.

 

L’actrice, Muriel BENAZERAF, interprète le rôle de « la mère de Burt ». À travers son monologue absorbant, cette femme raconte son parcours de vie chaotique et le combat qu’elle a mené pour son fils. Cette femme, renfermée sur elle-même, va profiter d’une réunion de parents d’élèves pour s’exprimer. Elle se décide à tout raconter et retrace les évènements marquants de sa vie. Cette mère, au langage brut, s’est battue pour sortir son fils de son déterminisme social et de sa précarité. De nombreux thèmes sociaux sont abordés comme la sexualité, la relation mère-enfant, la parentalité, la maltraitance ou encore la délinquance. Par le biais de ces problématiques, nous découvrons le point de vue de l’usager sur la démarche du travailleur social. Cette pièce repose sur un témoignage touchant d’une femme luttant pour la réussite de son fils. L’image stigmatisante et discriminante vécue par cette femme et le reflet de notre société souvent complexe nous laissent sans voix.

« Nous avons été témoins d’une catégorisation sociale » s’exclamait un spectateur à la fin de la pièce. En effet, les échanges prévus entre les spectateurs, l’actrice et le metteur en scène ont mis en évidence un questionnement, une réflexion sur l’attitude et la posture des travailleurs sociaux.

D’après, les témoignages exprimés à la fin de la pièce, l’émotion transmise par l’actrice, par son jeu très réaliste a bouleversé l’auditoire. « Son jeu d’actrice met en valeur l’importance des mots et la perception du travail social à travers le ressenti d’un usager ». « Le début de la pièce provoque un sentiment de malaise de par le silence, la lumière brute et l’authenticité du personnage » ont déclaré certains élèves de deuxième année de BTS ESF. D’autres ont expliqué que « cette mère courage nous transporte et parvient à nous procurer un sentiment d’attachement. Cette pièce nous amène à une réflexion sur nos futurs métiers du social : quelle attitude devons-nous adopter face à ce type de situation ? Notre action sera-t-elle toujours comprise ? Comment ne pas tomber nous aussi dans l’étiquetage et mettre certains publics dans des « petites boites » ? »

C’est sur ces questions que le débat s’est terminé, suscitant sans doute un prolongement de la réflexion personnelle ensuite que ce soit chez les lycéens et étudiants futurs travailleurs sociaux mais également chez tout spectateur. De plus, suite au débat, la journée s’est conclue autour d’une collation élaborée par certains élèves de BTS ESF et les usagers du centre social en amont. Les échanges et les rencontres ont ainsi pu se poursuivre.

Quelques semaines après la représentation, une rencontre a eu lieu entre 2 étudiantes DE CESF et la conseillère ESF, une bénévole du FLE et du CLAS ainsi qu’une bénéficiaire du centre social Jean Rieux, afin de réaliser un bilan conjoint de ce projet. Les retours de cette journée ont été favorables et selon la CESF « c’est un projet à renouveler ». La rencontre est porteuse de questionnements enrichissants. Chacun a vécu la pièce à sa manière, et en écho avec sa propre histoire. Il est ressorti des participants que la pièce est riche, ce qui permet d’aborder différentes thématiques. Au-delà, pour les adhérents et les bénévoles, cette pièce fut vécue comme un agréable moment de partage et de convivialité, permettant de s’ouvrir et de s’enrichir.

Cette première expérience a été vécue par tous les participants comme une expérience particulièrement positive. Elle a permis à certains (lycéens, étudiants, usagers et bénévoles du Centre social) de découvrir le théâtre. Selon l’avis largement partagé, ce type d’expérience est donc à réitérer en renforçant encore les échanges et le temps de partage avant et après la représentation.

Bastien TOURNIER et Alexis BONZOM - Étudiants DE CESF
Jill GEOFFROY, Christine LARROQUE, Josiane JOUBERT et Karine COUDOR